Je cherche un avocat gratuit

Petite mise au point sur une question fréquente…

On trouve souvent les coordonnées d’un avocat en cherchant par Internet, plus précisément par le moteur de recherche Google. Certains tapent la requête « Avocat gratuit ».

Le moteur de recherche vous propose alors une liste d’avocats sans vous préciser qu’aucun d’entre eux n’est gratuit.

Pourquoi ?

Tout simplement parce qu’un avocat qui travaille gratuitement, ça n’existe pas ! Tout comme un boulanger, un médecin, un plombier, un cuisinier, un architecte…, un avocat exerce un métier : une activité professionnelle nécessitant une formation spécifique et un diplôme, et permettant de percevoir, en échange, une rémunération.

Il est possible d’obtenir gratuitement les services d’un professionnel (du droit, de la médecine ou d’autres métiers) si une structure prend en charge le coût des honoraires. Cette structure peut être un syndicat, une association humanitaire ou à vocation sociale, une mairie, une Région, etc. Dans ce cas, par le biais de cette structure, certains particuliers peuvent accéder à un conseil juridique « gratuit ». Cela ne signifie pas que l’avocat n’est pas payé, c’est simplement que la structure intermédiaire prend en charge ses honoraires.

Pourquoi est-ce normal qu’un avocat soit systématiquement payé ?

Parce qu’il met à disposition une expertise, un savoir, une pratique.

La fameuse « petite question toute simple » n’existe pas. Même la plus simple des questions (a-t-on le droit de me supprimer une prime ? on m’a refusé des congés, c’est normal ?), nécessite de connaître toute une diversité de normes juridiques, et leur articulation entre elles : contrat de travail, convention collective, loi, accord d’entreprise, etc.

C’est d’ailleurs parce que la réponse n’est pas si simple à trouver malgré les informations disponibles un peu partout et notamment sur Internet, qu’on se décide à appeler un avocat, qui apportera la précision, la source et le raisonnement juridique qui manquait.

Parce que son métier, « immatériel », est de donner un conseil verbal ou écrit, et que cela représente du temps.

On comprend qu’un avocat soit payé pour rédiger des conclusions ou pour plaider. Mais pour une « simple consultation », on comprend parfois moins. Or, cette consultation permet au client de repartir avec un conseil précis, une recommandation sur ce qu’il faut ou ne faut pas dire ou écrire, une évaluation de son intérêt à agir en justice, un modèle de courrier, un chiffrage, des références juridiques, des explications de procédure, etc.

Ces éléments « sur mesure », communiqués au client en fonction de son dossier, nécessitent une connaissance et une réflexion, qui sont la plus-value spécifique de l’avocat.
De plus, une consultation est souvent préparée à l’avance : l’avocat prendra le temps de vérifier la loi et la jurisprudence au cas exposé par téléphone lors de la prise de rendez-vous.

Ce temps passé doit être, en toute logique, payé.

Parce que l’avocat met en jeu sa responsabilité professionnelle :

L’avocat qui se saisit d’un dossier et intervient devant la justice au nom d’un client s’engage à un devoir de conseil et à agir avec diligence, de façon à ne pas faire perdre au client une chance de gagner. Si l’avocat n’agit pas dans les délais prévus par la procédure, ou s’il omet d’indiquer à son client qu’il existe une voie de recours (par exemple), sa responsabilité professionnelle peut être mise en cause.

C’est le gage d’une pratique professionnelle sérieuse.

Parce que l’avocat est un homme comme les autres : il a besoin de revenus pour vivre !

Qu’il s’agisse d’un petit ou d’un grand cabinet, il faut payer les locaux dans lesquels le client est reçu, la secrétaire qui l’accueille, le ou les collaborateurs, la documentation consultée, le photocopieur, les frais postaux, etc.
Il faut également régler, comme pour toute profession libérale, des charges sociales et cotisations professionnelles spécifiques, une assurance, un comptable, etc., auxquelles s’ajoute sa propre rémunération.

Un avocat sait cependant adapter ses tarifs aux moyens de son client, et peut accepter un tarif diminué, ou encore des paiements en plusieurs fois. En France, un avocat n’a pas le droit d’être rémunéré au seul résultat, il est donc normal qu’il vous réclame un forfait pour une procédure à diligenter.

Il peut enfin arriver qu’un avocat décide de délivrer ses services pro bono, c’est-à-dire pour le bien public, gratuitement, parce qu’un dossier ou un client représente une cause sociale, humanitaire ou politique pour lequel il souhaite s’investir.
Cela ne peut rester, en toute logique, qu’une pratique exceptionnelle, faute de quoi … le cabinet ferait faillite !

Quand un service professionnel vous est proposé de façon gratuite, interrogez-vous : est-ce vraiment un service sérieux ? Exercé par des gens qualifiés ? Comment vivent, alors, ces professionnels qu’on me propose ? Qui les rémunère ?…

N’hésitez pas à interroger votre avocat sur ses honoraires (montant, échéances des paiements, Tva…), afin que cette question importante soit clarifiée dès le début de votre relation : ensuite, place à votre dossier, et à l’énergie qu’il mérite !